Rouantises

Dichotomie : Rouantises
Dichotomie : Rouantises

Il y a toujours, au départ d’un tressage, deux univers plastiques que l’on vient confronter. L’opération qui consiste à combiner ces deux espaces relève du mécanique, mais elle offre une trame dont la ponctuation compose un nouvel agencement pictural.

Ce qui m’attire surtout dans cette technique, c’est sa part de mystère : une fois le tressage réalisé, on ne voit plus que la moitié des deux surfaces, l’autre devient invisible – bien qu’elle soit toujours présente. L’émotion qui naît de ce qui apparaît fait alors oublier ce qui n’est plus visible. Par cette opération de tressage, on crée volontairement des trous de mémoire. Cet oubli, cette absence, devient le lit d’une fiction plus abstraite que narrative, de vibrations, d’un tumulte, d’un chaos libéré de toute injonction de représentation.

François Rouan fut un pionnier dans l’exploration des innombrables chemins et richesses du tressage. Par son travail sur la grille, sur les notions de « répétition/déperdition », il a ouvert l’accès à un gigantesque champ d’expérimentation où j’ai puisé une partie du terreau nécessaire à mes propres développements.

Partager :

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

84 − = 79